Galeries nationales du Grand Palais
8 octobre 2008 - 2 février 2009
Cette exposition regroupe quelque 210 oeuvres, issues des collections les plus prestigieuses,
publiques et privées, nationales et internationales. Elle est organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée national Picasso, le musée du Louvre et le musée d'Orsay. Simultanément, deux
ensembles thématiques d'oeuvres de Picasso sont regroupés au musée du Louvre, autour des Femmes d'Alger de Delacroix, et au musée d'Orsay, autour du Déjeuner sur l'herbe de Manet.
Pablo Picasso se forme très tôt aux règles strictes de la pratique académique auprès de son père, José Ruiz-Blasco, professeur à l'Ecole des Beaux Arts et directeur du musée de Málaga, comme
durant son cursus (1893-1899) à l'Ecole des Beaux-Arts de la Corùna, à la Lonja (Barcelone), puis à l'Académie San Fernando (Madrid). Dessins d'après l'Antique, statuaire et architectonique,
copies de toiles des grands maîtres espagnols, étude de l'histoire de l'art européen sont au coeur de cette formation, enracinée dans la tradition picturale humaniste qui nous rappelle que
Picasso est un peintre né au XIXe siècle (1881).
Académies, peinture d'histoire, scène de genres, compositions épiques ou religieuses, rendu bitumeux, grandes machines, concours, peinture officielle, galerie de peinture, forment le quotidien,
la référence et la perspective de son apprentissage.
L'oppression ressentie par Picasso, jeune artiste virtuose, qui ne dessina jamais comme un enfant mais eut immédiatement à se confronter à Michel-Ange et Raphaël, nourrira pour longtemps un désir
de subversion qui le conduisit à la plus radicale des innovations formelles, le Cubisme, comme à la fondation de l'art moderne.
A la fois jeune maître académique (médaillé dès l'âge de 19 ans) et acharné destructeur des formes établies, Picasso mena sans discontinuer un dialogue tendu avec la grande tradition de la
peinture. Sa posture n'est pas - comme chez d'autres artistes de sa génération - le simple reflet d'une époque en pleine mutation, mais un élément moteur, constitutif de son projet pictural. Il
opère depuis sa première grande composition à sujet allégorique, Derniers Moments (1896), jusqu'aux dernières toiles d'après Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous les masques de
mousquetaires, musiciens et matadors, le motif d'un autoportrait obsessionnel. La période des « variations » d'après Delacroix, Vélasquez ou Manet (1950-1962), forme l'épisode le plus connu et
explicite de cette démarche de relecture critique qui traverse l'ensemble de son oeuvre.
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