Une étude récente de l'Insee indique que les Français consomment en moyenne trois fois plus qu'en 1960, mais avec une structure de la demande qui s'est modifiée. Les ménages dépensent aujourd'hui moins pour se nourrir mais plus pour se loger.

Depuis 50 ans, les dépenses des ménages, qui représentent 55% des richesses produites en France (PIB d'environ 1.900 milliards), ont augmenté chaque année un peu plus, accompagnant une forte hausse du niveau de vie, indique l'Insee dans une étude publiée le 24 septembre. La hausse des dépenses a atteint 4,3% par an pendant la période des "Trente glorieuses", se ralentissant à environ 2,5% par an après le premier choc pétrolier de 1973.

Seul coup d'arrêt : l'année 1993, marquée par une récession. En revanche, avec la crise actuelle, un recul de la consommation n'est pas attendu en France en 2009 mais plutôt un chiffre proche de la stagnation, d'autant que les taux d'intérêt très bas poussent à la consommation.

L'explosion des dépenses s'accompagne d'un changement profond des comportements. Si l'alimentation représente toujours une importante part des dépenses des ménages, elle est passée de 38% en 1960 à 25% en 2007. L'habillement baisse aussi de 14% à 9%.

Les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus modestes se sont réduits mais restent importants en termes d'alimentation à domicile, avec une dépense moyenne de 230 euros par personne par mois pour les premiers contre 130 pour les plus modestes". Les plus riches consomment plus de fruits, les plus pauvres plus de graisses.

Les plus aisés consommeraient plus de fruits, de légumes et de poissons, alors que les plus modestes plus de graisses et plus de sucres. Par ailleurs, l'étude montre que les plus pauvres consomment plus de tabac, sont moins sensibles que les plus aisés à l'augmentation des prix, alors que les plus riches consomment plus d'alcool.

A l'inverse de l'alimentation, le poste logement a fortement progressé, passant de 16% à 19% sur la même période, comme les dépenses de transports (de 11% à 18%), de communications et de loisirs (de 10% à 16%).
Les Français disposeraient de logements de meilleure qualité et en moyenne un peu plus grands que leur parents. Cela serait valable pour à peu près toutes les classes de la population. Mais pour les locataires, dont le niveau de vie est globalement moins élevé qu'il y a 20 ans, le coût pour se loger est encore plus lourd et représente 25% de leur budget.

Les dépenses de santé ont globalement fortement augmenté, les ménages y consacrant 14% en 2007 contre 5% en 1960, la part remboursée ayant tendance à baisser.

Cette étude, croisée avec des chiffres relevés sur 2005 pour les 26 autres pays européens, fait également apparaître une certaine convergence sur les modes de consommation, notamment sur l'alimentaire, liée notamment à l'ouverture de l'espace européen et l'élévation du niveau de vie.

Mais des spécificités, peut-être plus culturelles, persistent:
  • Les Italiens achèteraient par exemple plus de chaussures que leurs voisins français.
  • Les Britanniques dépenseraient plus dans les restaurants que pour se nourrir chez eux.
  • Les Français auraient plutôt tendance à privilégier la restauration à domicile qu'à l'extérieur.
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